Fais ton jardin à l'image du cielune internaute, Odile Sabatier.
e jardin du Moyen Age est l'"Hortus Conclusus" dont la figure centrale est la Vierge.
Dans un jardin clos, au centre duquel coule une fontaine, celui-ci illustre la fiancée du Cantique des Cantiques où l'on peut lire:
"Elle est un jardin bien clos, ma sœur, ô fiancée, un jardin bien clos, une source scellée."
Plus exeptionnellement, la Vierge est entourée de saintes comme ici avec: sainte Catherine, sainte Dorothée et sainte Barbe; on peut y voir l'archange Michel assis, le diable à ses pieds, saint Georges à ses côtés avec un petit dragon et saint Oswald s'appuyant contre un arbre. Le tableau est traité avec beaucoup de précision et un grand souci de vérité car on peut y reconnaitre des oiseaux dont le chardonneret, la huppe, le martin-pêcheur, la mésange bleue et celle charbonnière, le pinson, le rouge-gorge et le verdier. Parmi les plantes on y reconnait le fraisier, le muguet, la pâquerette, la pivoine, l'iris, le lys, la giroflée, l'œillet, le perce-neige, la menthe, la primevere, le lys martagon et l'ancolie.
![]() elon cette œuvre, le jardin de Religion, c'est à dire l'Eglise, protégé par un mur austère, l'âme pélerine découvre le Christ en croix. Cette croix se transforme en "Arbre de Vie parmi les fontaines de grâce et les buissons peuplés d'oiseaux."
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![]() ![]() ans cette autre représentation, le jardin de Religion est entouré d'une simple palissade, un homme est agenouillé tandis que son âme représentée par un petit personnage nu est accueillie par Obéissance et le cortège des vertus. Au dessus de la fontaine s'ouvre la cour céleste. |
le jardin de Job |
Le jardin des Saints |
![]() e jardin près de sa maison est devenu le refuge de Job qui, devenu lépreux, repose sur la paille, endurant les sarcasmes de son épouse et les remontrances de ses amis. |
![]() i l'on en croit cette miniature, Theodorus, Wivine, Ode, Rumoldus, Gommaire, Lugarde ou Lambert naissent dans les boutons de fleur. Deux soldats tentent d'arracher Sainte Alène de Forest à l'arbre d'où naissent ces saints. |
Le jardin des oliviers |
le jardin de la résurrection |
![]() 'est dans un jardin médiéval que le christ prie près des apôtres endormis. Au loin s'approchent Judas et son escorte. |
![]() 'est encore dans un jardin médiéval que Jésus en jardinier, apparaît à Marie-Madeleine. |
est le moine irlandais Fiachra
Saint Fiacre
Peinture murale
Eglise saint-Martin
Sillegny (Lorraine), au VIIe qui défricha le premier jardin associé à la prière et à la contemplation.
Plus tard, l'évêque de Meaux lui concéda un terrain dans la forêt de Breuil-en-Brie et attira un grand nombre de pèlerins.
Pour les nourrir, Fiachra s'arma d'un bâton, les arbres s'abattirent et la terre s'ouvrit, ce qui permit de faire une récolte abondante et suffisante pour nourrir tout ce monde.
Ainsi, Saint Fiacre devint le patron des jardiniers qui se fête le 30 août de chaque année.




el le jardin médiéval, il est l'image de l'Eden au centre du monastère. Les quatre allées symbolisent les quatre fleuves qui l'arrosent et rappelle le paradis perdu.
Il est le lieu de silence et de méditation que rien ne doit détourner le moine de sa prière; c'est pourquoi il est dépourvu d'ornement car incapable d'atteindre la perfection du paradis originel
Le paradis
Marc Chagall.
ans le jardin potager disposé en planches, étaient cultivés des oignons, poireaux, céleri, coriandre, aneth, pavots, radis, cardons, ail, échalote, persil, cerfeuil, laitue, passerage, panais, chou et fenouil ainsi que des légumineuses et des céréales.
Le jardinier logeait dans le bâtiment contre lequel était accolé le jardin.

itué près de la demeure du frère-médecin, il était constitué de quelques planches d'herbes médicinales dont certaines pourraient venir de l'abbaye de Bobbio avec laquelle les relations commerciales étaient fréquentes. On aurait pu y trouver de la livêche, de la menthe, de la menthe-coq, de la menthe pouliot, du fenouil, du cumin, du fenugrec, de la rue, des iris, du cresson, de la sauge, des lys, de la sarriette, du romarin, des roses et des mongettes.
l se trouve à coté du jardin potager et porte en son centre une croix portant l'inscription: Parmi les arbres le plus sacré est celui de la croix dont les fruits embaument la vie éternelle.
Sont plantés, des pommiers, poiriers, pruniers, cormiers, néfliers, lauriers, marronniers, figuiers, cognassiers, pêchers, noisetiers, amandiers, mûriers et noyers.


Chartreuse de Cartuja de Vall de Cristo - Espagne
ans ces abbayes, chaque cellule de moine est doté d'un petit jardin qui, pour sa culture, est laissé à l'initiative de chaque occupant sauf en Espagne où il est demandé à chaque religieux d'avoir des rosiers, les pétales étant destinés à un usage industriel.

e "grand schisme" prit naissance en Europe, en pleine guerre de Cent Ans, lors de l'affrontement du roi de France Philippe le Bel et du pape Boniface VIII, chacun affirmant la primauté absolue de son pouvoir. Dans une Italie morcelée, guelfes et gibelins s'opposaient et le pape, craignant pour sa sécurité résidait rarement à Rome où il était à la merci des factions qui se partagaient la ville. C'est dans ces conditions qu'un nouveau pape sera élu après la mort de Boniface VIII, qui prit le nom de Clément V. Celui-ci décida de s’installer provisoirement en pays plus neutre que la Guyenne anglaise où il était né et choisit le Comtat Venaissin, fief pontifical comme résidence, dans le couvent des dominicains hors des murs d'Avignon.
Après la mort de Clément V, le Sacré Collège s'installe à Carpentras, le 1er mai 1314. Mais il faut attendre le 7 août 1316 pour qu'un nouveau pape soit désigné en la personne de Jacques Duèze, originaire de Cahors, ancien évêque d’Avignon et cardinal de Porto, en qui ses confrères ne voyaient qu’un vieillard cacochyme alors agé de 72 ans. Le nouveau pape est couronné le 5 septembre à Lyon et choisit le nom de Jean XXII et inaugure véritablement la série des papes d’Avignon.
Le palais qui est alors qu'un palais épiscopal est alors occupé par son neveu Jacques de Via, évêque d’Avignon; il le nomme cardinal sans lui désigner de remplaçant. Il peut alors disposer du palais et entreprendre de l'adapter à sa nouvelle fonction.
Après dix-huit ans de pontificat, le pape Jean XXII meurt le 4 décembre 1334, à l'âge de 90 ans. Suivront Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V, et Grégoire XI qui rejoindra Rome. A sa mort Robert de Genève est élu et prend le nom de Clément VII. Ce dernier reviendra s’installer à Avignon et renouera avec le faste et les arts de ses prédécesseurs. Son installation en Avignon, créera le Grand Schisme d'Occident et sera considéré comme antipape du point de vue catholique. Il sera suivi par un deuxième antipape, Benoît XIII qui, après avoir subi un siège dans son palais avignonnais, s'en échappe et se réfugie en Aragon dont le roi lui est resté fidèle.
Ordre des papes à Avignon.
| Clément V 1305 à 1314 |
Jean XXII 1316 à 1334 |
Benoît XII 1334 à 1342 |
Clément VI 1342 à 1352 |
Innocent VI 1352 à 1362 |
Urbain V 1362 à 1370 |
Grégoire XI 1370 à 1378 |
Clément VII 1378 à 1394 |

ls se développent sur toute la face orientale du palais en deux terrasses, de différents niveaux, ceintes par une muraille. La partie supérieure était enclose dans l'enceinte du palais couronné d'une galerie.
Lors du transfert du saint-siège de Rome à Avignon, toute la partie de cette vieille cité, au milieu de laquelle s'élevèrent les constructions du palais, était occupée par le Rocher, berceau de la ville ancienne, par le cloître et les bâtiments du chapitre métropolitain et de la prévôté, les constructions du palais épiscopal, l'église Saint-Étienne, une aumônerie, et des constructions particulières, des rues et des vergers. La communauté d'Avignon possédait elle-même une partie du rocher où il y avait des pâturages.
La terrasse inférieure est une extension plus tardive défendue également par une muraille.
Le premier jardin, aussi appelé le jardin Vieux ou jardin de Benoit XII, d'une superficie de 2000 m2, faisait partie du domaine épiscopal et était protégé au sud par une muraille. Il se compose d'une bande gazonnée et, en enfilade, un potager.
Jean XXII, le premier pape à loger dans le palais épiscopal songeait à augmenter les bâtiments car devenus insuffisants pour la cour pontificale. On mit promptement ces projets à exécution puisque l'on trouve dans une bulle de 1318, la trace des acquisitions. Nous voulons donc que la maison ou palais épiscopal de cette église soit augmenté comme il nous a semblé digne et convenable. Nous annexons et unissons donc à la maison épiscopale l'aumônerie, les bâtiments de la nouvelle prévoté de cette église d'Avignon, contiguës à ladite maison ou palais épiscopal, à savoir: le bâtiment de ladite aumônerie avec hospice, verger, maison et dépendances ainsi qu'elles s'étendent de la première porte dudit palais jusqu'à la maison d'Alfaut Seraillier et de là jusqu'à la maison et verger de Guillaume du Pont, du Thor, ainsi que ledit hospice de la prévôté avec son verger, maison et dépendances, ainsi qu'elles s'étendent depuis le choeur de l'église Saint-Étienne jusqu'au sommet de l'escalier, et de là, en ligne droite, en descendant jusqu'à la porte de Trouillas, en laissant la voie libre...
. 
Configuration des lieux sous Clément VI.
Puis les acquisitions se poursuivent par une dizaine de parcelles dont le verger de Guillaume du Thor, au pied du rocher, touchant le verger du palais et de maisons disposées de part et d'autre d'une rue.
En 1318, nous apprenons qu'un jardin existe en contrebas du consistoire et en 1330 deux jardins sont différenciés: ce dernier et celui de Trouillas au nord, planté d'arbres et probablement enclos par des cancels et pourvu d'un puits. A l'intérieur ou à proximité se trouvent les écuries et un local abritant des bêtes sauvages? Quant à l'espace à l'est du rocher, nous en savons peu, si ce n'est qu'il est peut-être planté de vignes!
es propriétés acquises pour la construction du "palais neuf" se situent sur les paroisses de Saint-Pierre et Saint-Etienne et non de Saint-Symphorien, paroisse dans laquelle étaient les jardins. On note toutefois un achat d'une petite maison avec cour touchant les écuries au voisinage de Trouillas.
En 1348, sont aménagées de nouvelles écuries à proximité de la porte Aurose, non loin du Rhône.
Sous le pontificat d'Innocent VI, on ne relève que deux achats fonciers: celui d'une maison touchant les anciennes écuries, hors de l'enclos créé par le précédant pape, et une seconde pour permettre le passage d'une rue. Les anciennes écuries sont renovées et réhabilitées.
Configuration des lieux sous Grégoire XI.
Urbain V est l'initiateur de l'agrandissement des jardins et le créateur des vergers qui portent son nom. Pour ce faire, il raccorda le petit espace situé au pied de la tour de Trouillas et enclos sous Clément VI et une bande de terrain située en contrebas, à l'est du jardin de Benoît XII. Il fait édifier le mur qui protégera ces jardins.
En 1365, un ensemble foncier et autres propriétés sont achetée; elles semblent être la 
partie méridionale des futurs vergers d'Urbain V. L'hôpital Saint-Jacques semble avoir été transféré au nord-est d'Avignon. Une dernière vente d'une maison voisine de Rascas, jouxtant l'ancien jardin du palais en son milieu, aura lieu en mars 1366, ce qui permettra enfin de créer sur la même terrasse que les jardins de Clément VI et les vergers d'Urbain V.

lément VI fait construire pour 150 florins, un griffon en pierre d'Orgon, fontaine constituée d'un socle à 12 cotés et de trois marches, et d'une vasque de 2 mètres de diamètre; elle est alimentée par 14 robinets permettant des jeux d'eau.
En 1352 est citée une fontaine ornée en son centre d'un babouin et de 4 statuettes que l'on situe dans le jardin de Trouillas.
L'eau était fournie par des puits et des réserves alimentées par l'eau de pluie situées en hauteur. Ainsi en 1344, une immense citerne est édifiée contre la tour de Trouillas qualifiée de "tour de la Glacière" car elle comportait en partie haute un garde-manger réfrigéré grâce à un astucieux système d’échanges thermodynamiques.
n y cultivait des arbres fruitiers dont des orangers, de la vigne, tous les légumes connus (voir) à cette époque mais aussi des melons dont on ne connait pas la variété, et propablement nombre de plantes médicinales nécessaires aux personnes agées qu'étaient les papes. La vigne était présente et servait à la confection de treillages, tonnelles, treilles et pavillons.
Des orangers sont plantés et préservés du gel durant l'hiver par des protections de joncs.
Ils pouvait y avoir de nombreux aménagements pour la détente, bancs de gazon, prairies ornementales mais aussi des prés pour les animaux.
i les jardins du palais des papes à Avignon ont pu être reconstitués, ceux des résidences pontificales de Pont-de-Sorgues et de Villeneuve ont entièrement disparu. Cependant, la comptabilité de la Chambre apostolique constitue un matériau très abondant pour tenter une restitution des "vergers" de la papauté dans lesquels poussent pommiers, poiriers, noyers, figuiers et oliviers. Les papes les font venir de tout le Comtat Venaissin.
Ces résidences se présentaient toutes en espaces fermés par d’épaisses et hautes murailles et pouvaient être subdivisés par des clôtures plus légères de bois, servant d’enclos où étaient parquées les bêtes de la ménagerie. Ils comportaient de nombreuses installations hydrauliques telles que puits, fontaines, viviers, servant à l’arrosage et à l’agrément du lieu.

ean XXII qui, à Avignon, n'avait fait que de réorganiser le palais épiscopal, créa de 1418 à 1324, à Pont-de-Sorgues dans le Comtat Venaissin, sur les bases de l'ancien castrum cédé par les bénédictins de Cluny, un véritable palais pontifical associé à un "grand verger" d'une superficie d'environ trois hectares et demi.
Ses successeurs n'en modifièrent ni sa surface, ni sa destination.
lément VI, avant d'entreprendre les travaux du "palais neuf" à Avignon, avait acquis sur le territoire français, une résidence cardinalice, l'"hostel Napoléon" et en fit construire un second sur le même lieu. Un jardin fut associé à chacun de ces hôtels sans que nous en sachions le plan exact.

e jardin mystique des frères Jan et Hubert Van Eyck est d'une telle précision que les botanistes ont pu identifier sept sortes d'arbres et d'arbustes d'origine méditerranéenne, onze arbres ou arbrisseaux indigènes et une multitude de plantes sauvages et des graminées: ancolie, aspérule odorante, chélidoine, compagnon rouge, fraise sauvage, iris florentin, lys de la Madone, muguet, paquerette, ficaire, pissenlit, pivoine officinale, plantain, giroflée, sceau-de-Salomon, tanaisie, balsamite, trèfle blanc, violette, valériane, genêt épineux, doradille, cardamine, saxifrage, pulmonaire, achillée millefeuille, maïanthème à deux feuilles, petite pervenche et renoncule.

hez les primitifs flamands, selon les Tryptique Moreel et Triptych of Earthly Vanity and Divine Salvation, tous deux de Hans Memling, on reconnaît selon l'œuvre, des fraises sauvages, des pâquerettes, des anémones hépatiques, des narcissses, des renoncules, des pissenlits et du plantain. Dans celui du Baptême du Christ de Gérard David, on distigue l'iris jaune des marais, la campanule, la violette, le muguet et la chélidoine.
Enfin dans la partie centrale du Triptyque Portinari
de Hugo van der Goes, nous retrouvons les fleurs mariales au premier plan.


uelques tableaux de cette époque permettent de connaître quelques plantes en vogue à cette époque. "Saint-Gilles protégeant la biche" permet d'en reconnaitre quelques unes: l'axe central du tableau est occupé par un chêne; entre les deux personnages, un arbrisseau sarmenteux qui pourrait être un églantier. Au pied du roi, des iris pourpre, à droite une molène très reconnaissable par sa hauteur et ses fleurs. Des experts y ont trouvé de minuscules fougères, un fraisier sauvage, une chélidoine, des fleurettes bleues qui pourraient être du mouron des champs, une grande mauve et un bouton d'or.

Sur le tableau du même auteur, "Saint Jérôme" se frappant avec une pierre devant le Christ en croix, comporte une abondance de plantes: au premier plan, un fraisier, une grande chélidoine, à gauche de la croix, une rose trémière, à droite de la croix, un églantier. A l'arrière plan autour de saint Jérôme une grande quantité de plantes dont certaines plus ou moins à l'ombre sont difficiles à identifier, vue leur distance. L'auteur de cette étude croit y reconnaître un roncier, des fougères, peut-être un pissenlit ou un liondent, des graminées. Les arbres, de gauche à droite, paraissent être un pommier, identifié par son tronc, un chêne, un cyprès et à droite un hêtre, qui pour Hildegarde de Bingen et Raban Maur, est un symbole de chasteté et d'abstinence.
La fleur n'a pas été seulement admirée à cause de sa beauté qui en fait la gemme du monde végétal; on l'a de tout temps vénérée comme symbole de la fécondité. [...]
...la fleur serait un symbole à la fois de lumière et de vie, elle symbolise non-seulement le renouvellement de la vie individuelle, mais encore de la vie de la nature au printemps.
Angelo de Gubernatis- La mythologie des plantes- (t.2)

n France comme au Pays-Bas, en Allemagne comme en Italie, les peintres de cette époque semblent donner une valeur symbolique aux plantes qu'ils représentent comme une inscription portée sur des vases de fleurs peints par Ludger Tom Ring le Jeune qui porte l'inscription "In verbis, in herbis
L'esprit divin se trouve
dans la parole et les plantes". Dans tous les exemples que nous avons étudiés ci-dessus les artistes ont accordé au monde végétal un intérêt pouvant être comparé à celui d'un botaniste.
Le symbolisme médiéval s'appuie sur l'idée que les objets matériels sont des "métaphores corporelles des choses spirituelles". 
Avant de chercher la signification d'une plante présente sur un tableau, il est nécessaire de prendre en considération le contexte dans lequel il a été peint, celui de la plante figurée sur ce même tableau et le fait qu'il n'y a pas de "language des fleurs"; selon Michel Pastoureau "une couleur isolée ne signifie rien par elle-même. Elle ne prend son sens et fonctionne pleinement que pour autant qu'elle soit associée à une ou plusieurs couleurs." 
La représentation des fleurs et des plantes répond aux mêmes exigences et selon la fleur, le fruit, la couleur, la forme de ses feuilles, etc... et selon le critère retenu, la plante devra être interprétée différemment; si le sujet est religieux, il est fort possible que l'auteur ait fait appel aux métaphores des Ecritures ou de l'histoire antique.
Dans son ouvrage "Symboles végétaux", A.M. Quiñones précise que ce sont les propriétés thérapeutiques des plantes qui ont servi à l'église de les attribuer aux personnages présents sur les tableaux. Ces attributions ont été ensuite codifiées dans des recueils dont "La clef des symboles" de saint Méliton en est un exemple.

insi le fraisier sauvage est fréquent dans les jardins où la Vierge est présentée; selon Albert de Mirimonde la fraise est le symbole des bonnes actions qui se multiplient autour de Marie
et selon Lucia Impelluso, la fraise renvoie à l'image du paradis et les feuilles trilobée, à la Trinité. Ovide dans les "Métamorphoses" précise que dans l'âge d'or -associé plus tard au Paradis- l'homme se nourrit de fruits que la terre produit spontanément; les fraises seraient alors devenues la nourriture des bienheureux. Elle figure également dans les scènes de Nativité, de l'adoration des bergers et dans celle des rois mages; sa petite fleur blanche peut servir à l'image de l'innocence et de l'humilité. Dans ces jardins, la fraise est figurée "pour la protection des nouveaux-nés"; c'est aussi un "symbole des petits enfants qui ont péri autrefois."
Cependant dans le tableau "Le jardin des délices" de Jérôme Bosch, la fraise a une toute autre signification; elle évoque la séduction, le plaisir sensuel et ... est chargée d'une connotation érotique.

ans le tableau figurant "Saint-Gilles protégeant la biche
" où le chêne occupe la place centrale, il symbolise longévité et fermeté dans la foi; la scène se déroulant dans le Gard, il devrait s'agir d'un chêne vert. Dans les Dicta Sancti Ægidii cité par Du Cange, le Christ se montre au saint, le plus souvent près d'un chêne vert. voir
Ce tableau est à rapprocher de celui de Bartolomo Montagna représentant saint Jérôme
où la présence du chêne est révelée par deux feuilles fixées sur un tronc sans distinction autre que ces deux feuilles.


es fougères symbolisent la vie et l'humilité solitaires; elles protégent la maison des mauvais esprits (voir plantes magiques du Moyen-Age) et pour ste-Hildegarde, le suc bien que peu abondant, a été établi, pour la sagesse et fait partie de ce qui est bon dans la nature, comme signe du bien et de la sainteté. [...] Quand une femme met au monde un enfant, il faut l'entourer de fougère et en mettre autour du nouveau-né dans son berceau.

es Egyptiens en avait fait un symbole de royauté et apparaissait dans les attributs du pharaon et aussi dans ceux du dieu Horus.
A cause de son utilisation dans les accouchements, l'église catholique l'attribuera à Marie. Mais au fil des siècles et par la confusion de l'iris avec le lys héraldique, figure de royauté, il sera attribué également au Christ.
Dans la "Vierge au rocher
" de Léonard de Vinci, quelquefois appelé " La Vierge, l'enfant Jésus, saint Jean-Baptiste et un ange", un plant d'iris est devant Jean-Baptiste, au bord de l'eau. On peut remarquer que les iris botaniques sont de couleur bleu ou blanc, couleurs attribuées à la Vierge Marie. Ce tableau se distingue par son contenu symbolique complexe mais fut refusé par le commanditaire pour son caractère jugé hétérodoxe, car Léonard de Vinci y avait traité la figure de Jean le Baptiste au même niveau de celle du Christ.
Dans une seconde version, les iris ont disparu, remplacés par des narcisses!
Les rhizomes d'iris servaient à fabriquer des parfums et dans les métaphores employées par les pères de l'Eglise, les parfums y étaient beaucoup utilisés; ainsi se dégageait l'odeur de sainteté des personnages!
En allemand, l'iris se dit "lys-épée" en vertu de ses feuilles étroites en forme de glaive et peut donc symboliser les douleurs de la Vierge. Cette dénomination peut-être à l'origine d'une confusion entre le lys et l'iris!
Dans le "diptyque avec chute
et salut" de Hugo van der Goes nous retrouvons un iris au pied d'Eve. Cette fleur cache-t-elle l'évocation du péché originel ou symbolise-t-il les douleurs à venir?



a violette est un symbole d'humilité et de modestie et saint Bernard déclarera que "Marie est la violette d'humilité"
La pensée, anciennement nommée "herbe de la Trinité" est présente quelquefois dans des scènes de la Passion pour évoquer le deuil et la tristesse.
Désigant l'humilité, la violette peut aussi accompagner le Christ, fils de Dieu qui s'est fait homme.
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![]() jardin monastique de Tusson-16140 Jardins médiévaux aménagés autour d'une fontaine, verger, cimetière et potager. |
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